Posts Tagged ‘en transit’

Le neuf avec le vieux

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Friche

Aux alentours, c’est la friche qui raconte l’histoire de l’écroulement de la grande industrie du textile. Des hectares de bâtiments à l’abandon, le vent qui souffle à travers les vitres cassées, le rouge de la brique mué en gris dans les gravats, et les petites maisons ouvrières serrées les unes contre les autres pour se donner du courage. Ça sent la bière et le désœuvrement.

On ne sait pas très bien comment mais quelqu’un s’est souvenu qu’avant il y avait des choses à faire ici. Quelqu’un a décidé de redresser les murs, polir le métal, faire en sorte que la lumière passe et que tout cela tienne debout à nouveau. Remettre des gens dedans, des coeurs qui battent à la place des machines qui ne tournent plus.

Ce n’est pas dit que ça fonctionne, mais l’espoir fait vivre.

à neuf

 


Ostende

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De la plage d’Ostende à chez moi, il y a tout pile la durée d’un album de Damien Rice, ce qui est fortuit tant cela se marie bien avec le paysage humide qui s’estompe sous les flocons gris.

Aimer Ostende en hiver, cela demande un effort conscient et soutenu. Déjà, en été, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais en hiver, lorsque le ciel bas et uniforme étouffe toute la lumière et que seule la décrépitude des bâtiments ressort, que les rues étroites sont balayées par le vent glacial chargé de neige fondue et qu’il faut lutter pour arriver jusqu’à la mer, vraiment, il faut y mettre du sien pour se rappeler de l’horizon et voir en dessous des façades.

Mais là, tout au fond de cette ambiance de ville fantôme encore habitée, il y a bel et bien quelque chose, une sorte de mélancolie de la splendeur passée, un sentiment doux-amer que le vent marin semble avoir fixé dans les pierres. La ville n’est plus de première jeunesse, c’est difficile à nier,  mais cela ne l’empêche pas de garder la tête haute malgré les rides creusées et les blessures de guerre mal pansées. Toujours debout.


A sort of homecoming

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Avec Paris, c’est un truc spécial, précieux. On ne pourrait probablement plus vivre ensemble sans très rapidement se bouffer le nez, et se quitter fût salutaire pour notre relation. Mais il y a ce truc, et à chaque fois que je reviens on retombe aussitôt dans les bras l’un de l’autre, et à chaque fois c’est un peu magique.

Instantanément je retrouve mes repères, mais Paris a changé et moi aussi. Pas besoin de réfléchir pour que mes pas me mènent aux lieux mille fois parcourus, tandis que j’assimile tous ces subtils glissements de terrain qui font que ce n’est plus tout à fait pareil. Ni mieux, ni moins bien. Ni fondamentalement différent, ni exactement le même. Je me glisse avec délectation dans cette nouvelle relation qui sait allier tous les avantages, le confort des bras d’un vieil ami qui me connait par coeur, et l’excitation de la découverte. Ce n’est plus ma ville, mais j’aime vérifier qu’elle m’appartient toujours un peu, que j’y serai toujours un peu chez moi.

Quand il est temps de repartir, que je regarde avec tendresse les péniches sur la Seine par la vitre du métro aérien, je sais que Paris ne va pas me manquer. Cette boule dans la gorge, ces larmes qui montent, ce n’est que parce que j’aurais voulu rester un peu plus longtemps à tenir la main de ceux que j’y aime, avant de repartir. Home.

You see
I’m riding endlessly
What will become of me
This higher power knows

You see
I’m waiting patiently
And what this means to me
Nobody ever knows

You see
In all the warmth I feel
Is this the end of me?
Only I should know

(A Noise Severe – The Gathering)