Le début du début

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En ce qui me concerne, 2014 a commencé hier. Le 1er janvier, c’est has been. Hier il y avait des sourires, de la musique, des mots tendres,  des retrouvailles, et c’est quand même mieux de commencer comme ça. Il y a eu des problèmes, mais on les a réglés. Il y a eu des nuages bien noirs et du soleil en même temps. Et c’est un peu comme ça que j’envisage les mois à venir.

Bonne année.


Le début de la fin

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Je suis du matin.

Je suis du lundi. Je suis du premier du mois, et même tant qu’à faire du premier de l’an. Je suis du début, de la page blanche, des trucs à faire et à inventer plutôt que de ceux déjà accomplis. Je suis du lever du soleil.

Et plus ça va, plus j’ai du mal avec les fins. Il est temps que ça se termine.


With a red guitar, on fire

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Lessivée

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Grand nettoyage.Je lessive. Des murs, des sols, des plafonds.

Je lessive la nouvelle maison pour préparer un joli futur qui brille au soleil. Je lessive l’ancien appartement pour effacer les taches du passé.

Objectivement, c’est casse-pieds, de lessiver. Mais là, en fait, ça va, c’est pile l’activité qu’il me fallait. Ça permet d’alterner à loisirs les phases d’introspection et celles où on ne pense plus à rien ; c’est un peu les longueurs de piscine de la ménagère, en quelque sorte. Au fur et à mesure que les murs blanchissent, je déroule dans ma tête des dialogues qui n’auront pas lieu. Je lave les mots qui ne sortiront jamais, je savonne les sentiments, j’essaie de faire entrer la lumière, au propre comme au figuré.

Je lessive, en espérant que ce grand nettoyage remette le printemps dans mon coeur.


Underwater

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On avait annoncé de la pluie, mais ce soir l’eau ne coule que sur le visage des passants.

Pendant un mois encore, je saurai rentrer du centre-ville à pied, alors je savoure ce plaisir, traverser la ville et en profiter toute seule, casque sur les oreilles et chemin à l’instinct. Ce soir, par hasard, je les croise tous, les malheureux, les cœurs brisés, les amoureux. Les hoquets passionnés de ce couple enlacé aux mêmes yeux élargis, les sanglots sourds d’une jeune fille, le bruyant désespoir d’une autre… Alors à force, je repense aux larmes que j’ai versées aussi en mon temps sur des trottoirs, et je me demande s’il y a quelqu’un ou quelque chose qui m’en rendrait encore capable. Je sais que oui.

La dernière fois que j’ai traversé la ville le visage ruisselant et la bouche pleine de cris, je m’en souviens, il pleuvait.


Derrière les volets

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fenêtre

Je me rends compte soudain que je ne vous ai pas parlé de ma nouvelle histoire d’amour, alors qu’elle m’obsède depuis quelques temps déjà.

Sur les photos, j’étais sceptique, il faut bien le dire. Dès le départ, je savais que ce serait un coup de quitte ou double. Et ce fut double. Malgré les aléas d’emploi du temps qui ont contrarié la rencontre, malgré la mise en valeur douteuse et l’obscurité peu flatteuse, c’était évident dès la première minute : nous étions faits l’un pour l’autre. Enfin. Après toutes ces années d’errance et de doute, alors que je commençais à croire que ce n’était pas possible, que le coup de foudre n’existait pas.

Evidemment il reste encore un peu de chemin, pas mal de travail à effectuer, on ne se donne pas comme ça. Mais j’ai confiance comme jamais, je sais que maintenant ça va aller, forcément, il ne peut en être autrement, puisque je l’ai enfin trouvé. Lui. L’endroit où je veux passer les prochaines années.

 


Dans la pierre

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Il semblerait que j’aie désormais l’œil pour les repérer instantanément, comme si elles se détachaient des autres. Il y a un carré spécial où les plus récentes sont regroupées, mais beaucoup sont encore entremêlées au gré des allées, fondues dans la masse de pierres, à côté de celles de leurs parents, grands-parents, frères et soeurs, et ce sont celles-là que je préfère.

Elles sont plus petites bien sûr, mais pas toujours – parfois c’est juste une question de revenus et de statut social. Souvent, un ange ou un enfant veillent sur elles, ou un jouet favori. C’est rare qu’il n’y ait rien du tout, beaucoup plus rare que sur celles des adultes. Même sur celles qui ne sont plus fleuries depuis longtemps, on a veillé à ce que les ornements résistent au temps, survivent au souvenir comme une revanche sur la vie, puisqu’il n’y aura pas de descendants pour raconter leur brève histoire. Sur les pierres, des dates trop rapprochées, ou juste une année. Certaines ont la douleur muette, sur d’autres on peut lire les mots d’amour indéfectible les plus poignants du monde.

Rien de tout cela pour lui. Les fleurs sont sur ma hanche, je les emmène partout avec moi. La pierre n’existe pas, et s’il y en avait eu une là-bas, je crois que je n’aurais jamais pu quitter Paris.

"Ici repose une petite fille modèle"


May days

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rainbow

Et enfin c’est le mois de mai et son joyeux bordel de soleil, de promesses, de projets, de rencontres, d’improvisations de dernière minute et de rendez-vous de longue date, de vieux amis et de nouveaux venus. Enfin, ça part dans tous les sens, enfin il n’y a plus lieu de réfléchir mais juste de se laisser porter par le flot, voir où la marée nous déposera en septembre. C’est parti pour une longue nuit blanche qui devrait durer 4 mois.

1,2,3,4 you know who’s knocking at the door!
are you ready for a race ? Let’s hear a sigh of relief
time flies…. we are not ready to die
free your mind , be yourself and everything’s fine


Le neuf avec le vieux

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Friche

Aux alentours, c’est la friche qui raconte l’histoire de l’écroulement de la grande industrie du textile. Des hectares de bâtiments à l’abandon, le vent qui souffle à travers les vitres cassées, le rouge de la brique mué en gris dans les gravats, et les petites maisons ouvrières serrées les unes contre les autres pour se donner du courage. Ça sent la bière et le désœuvrement.

On ne sait pas très bien comment mais quelqu’un s’est souvenu qu’avant il y avait des choses à faire ici. Quelqu’un a décidé de redresser les murs, polir le métal, faire en sorte que la lumière passe et que tout cela tienne debout à nouveau. Remettre des gens dedans, des coeurs qui battent à la place des machines qui ne tournent plus.

Ce n’est pas dit que ça fonctionne, mais l’espoir fait vivre.

à neuf

 


Ostende

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De la plage d’Ostende à chez moi, il y a tout pile la durée d’un album de Damien Rice, ce qui est fortuit tant cela se marie bien avec le paysage humide qui s’estompe sous les flocons gris.

Aimer Ostende en hiver, cela demande un effort conscient et soutenu. Déjà, en été, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais en hiver, lorsque le ciel bas et uniforme étouffe toute la lumière et que seule la décrépitude des bâtiments ressort, que les rues étroites sont balayées par le vent glacial chargé de neige fondue et qu’il faut lutter pour arriver jusqu’à la mer, vraiment, il faut y mettre du sien pour se rappeler de l’horizon et voir en dessous des façades.

Mais là, tout au fond de cette ambiance de ville fantôme encore habitée, il y a bel et bien quelque chose, une sorte de mélancolie de la splendeur passée, un sentiment doux-amer que le vent marin semble avoir fixé dans les pierres. La ville n’est plus de première jeunesse, c’est difficile à nier,  mais cela ne l’empêche pas de garder la tête haute malgré les rides creusées et les blessures de guerre mal pansées. Toujours debout.